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l'Obeisance aux Gouverneurs en Islam

 

 

 

 

 

 

Cheikh Muhammed ibn 'Abdil Wahhâb a dit dans "les six fondements" :

 

 

« L’une des conditions de l’union parfaite consiste à écouter et obéir ceux qui détiennent l’autorité, fut-ce un esclave abyssin. Le Prophète expliqua clairement ce principe sur les divers plans de la législation. Par la suite, ce principe devint étrange pour la plupart des pseudo savants, que dire de la mise en application de ce principe. »

 

Cheikh Muhammed ibn Sâlih el ‘Utheymîn a dit :

 

"Les ordres du gouverneur (envers les gouvernés) sont de trois sortes :

 

- Lorsqu’ils nous ordonnent ce qu’Allah nous a ordonné, à ce moment là leur obéir est obligatoire, et ce pour deux raisons, l’ordre provient d’Allah et du gouvernement qui met en application le fait d’ordonner le convenable et d’interdire la blâmable.

 

- Lorsqu’ils nous ordonnent de désobéir à Allah, à ce moment là, il n’y a pas d’obéissance envers le gouverneur, quel qu’il soit.

 

- Lorsqu’ils nous ordonnent un point ne contredisant pas la religion d’Allah, leur obéissance devient obligatoire, leur désobéir est interdit car leur obéissance découle de l’obéissance d’Allah tant qu’ils n’ordonnent pas un péché." [1]

 

 

L’obligation d’obéir aux gouverneurs dans le Coran

 

Allah a dit :

 

« Ô vous qui croyez ! Obéissez à Allah, obéissez au Messager et à ceux qui détiennent le commandement. » [2]

 

L’imam Abou Dja’far Muhammed ibn Djarîr Tabary (m.310) a donné quatre interprétations [3] sur ceux qui détiennent le commandement :

 

Première interprétation : Les émirs, gouverneurs. Cette interprétation a été donnée par Abou Hureyra.

 

Deuxième interprétation : Les gens de science. Cette interprétation a été donnée par ibn ‘Abbâs, Mudjâhid, ‘Atâ ibn Abi Rabâh, el Hassan, Abou el ‘Âliya et ibn Abi Nadjîh.

 

Troisième interprétation : Les compagnons de Muhammed. Cette interprétation est un autre avis de Mudjâhid.

 

Quatrième interprétation : Abou Bakr et ‘Umar. Cette interprétation a été donnée par ‘Ikrama.

 

L’imam Ismâ’îl ibn Muhammed Taymy (m.535) a dit :

 

« Obéir aux dirigeants est une obligation, cela fait partie des traditions les plus exigées dans le Coran et la sunna. » [4]

 

 

L’obligation d’obéir aux gouverneurs dans la sunna

 

Abû Hureyra rapporte que le Messager d’Allah a dit :

 

« Celui qui m’obéit, obéit à Allah ; et celui qui me désobéit, désobéit à Allah. Celui qui obéit à son émir, m’obéit ; et celui qui désobéit à son émir, me désobéit. » [5]

 

Ibn ‘Umar rapporte que le Messager d’Allah a dit :

 

« Tout musulman doit écouter et obéir, bon gré mal gré, sauf si on lui ordonne de désobéir (à Allah), auquel cas, il ne doit pas écouter ni obéir. » [6]

 

Anas ibn Mâlik rapporte que le Messager d’Allah a dit :

 

« Ecoutez et obéissez, même si on désigne pour vous commander un esclave abyssin dont la tête ressemble à un raisin sec. » [7]

 

 

L’interdiction d’obéir aux gouverneurs ou autres dans la désobéissance

 

‘Ali rapporte que le Messager d’Allah a dit :

 

«L’obéissance ne se fait que dans le convenable. » [8]

 

‘Imrân ibn Huseyn rapporte que le Messager d’Allah a dit :

 

« Pas d’obéissance à la créature dans la désobéissance au Créateur. » [9]

 

 

Définition de « mécréance manifeste »

 

‘Ubâda ibn Sâmit a dit :

 

« Nous avons fait allégeance au Messager d’Allah pour écouter et obéir, dans l’aisance comme dans la gêne, qu’il s’agisse d’un acte contraignant ou facile, y compris en sacrifiant notre propre intérêt. En outre, nous avons fait allégeance pour ne pas nous soulever contre ceux qui exercent le commandement sauf si nous voyons de leur part une mécréance manifeste à propos de laquelle nous tenons un argument d’Allah ; dire la vérité où que nous soyons, sans craindre les reproches des censeurs. » [10]

 

Cheikh el ‘Utheymîn a dit qu’il y a quatre conditions dans la parole :

 

« sauf si nous voyons de leur part une mécréance manifeste à propos de laquelle nous tenons un argument d’Allah. »

 

 

 

En revanche, si leur acte de mécréance est clair comme si l’un d’entre eux autorisait son peuple la consommation de l’alcool, l’homosexualité, la fornication, ceci est de la mécréance évidente sans équivoque, il convient donc au peuple gouverné de l’écarter de ses fonctions par n’importe quel moyen, même le meurtre car il a commis une mécréance évidente. La quatrième condition est la certitude avec preuves (du Coran et de la sunna) que son acte est de la mécréance, car si la preuve n’est pas authentique, ou bien qu’elle ne conduit pas à notre déduction, dans ce cas-là se révolter contre eux n’est pas permis, car dans la révolte il y a un très grand mal.

 

Donc, lorsque nous voyons une mécréance évidente, il ne nous est pas permis de nous révolter contre eux tant que nous n’ avons pas les moyens de le déloger de ses fonctions, si nous n’avons pas les capacités, la révolte ne nous est pas permise, car il se peut qu’en se révoltant sous cette forme qu’il en termine avec les bons et que sa domination (avec son mal) arrive à son apogée. Les conditions mentionnées doivent être réunies lors de la révolte, dans le cas contraire ce n’est que précipitation de l’âme vers sa destruction. Où est le bienfait de se révolter contre un tel gouverneur - Ayant commis une mécréance évidente – avec des couteaux de cuisine, alors que lui a des chars d’assauts, des machines de guerre, etc, où est le bienfait? Il n’y a aucun bienfait dans cet acte, le sens de cet acte est de mener nos âmes à leurs pertes… » [11]

 

Cheikh ‘Abdel ’Azîz ibn Bâz a dit :

 

[12]

 

 

Ibn Taymiyya (m.728) a dit :

 

« Ordonner le bien ne doit pas aboutir à la perte d'un plus grand bien, ni causer un mal plus grand (qu'auparavant). De même, interdire le mal ne doit pas aboutir à un mal plus grand, ni la perte d'un plus grand bien. » [13]

 

 

L’obligation d’obéir aux gouverneurs même s’ils sont injustes et de patienter face à leurs méfaits

 

Abû Hureyra rapporte que le Messager d’Allah a dit :

 

 

« Tu es tenu d’écouter et d’obéir dans l’aisance comme dans l’adversité, bon gré mal gré, et même si on te lèse dans tes droits. »

[14]

 

Hudheyfa ibn el Yaman rapporte que le Messager d’Allah a dit : « Ecoute et obéis même si on te frappe et qu’on te prend tes biens. » [15]

 

Abû Huneyda Wâïl ibn Hudjr rapporte que Salama ibn Yâzid el Djou’fy interrogea le Prophète en ces termes : Ô Prophète d’Allah, si nous sommes gouvernés par des émirs, qui nous demandent ce qui leur revient de droit, et nous privent du nôtre, que nous recommandes-tu de faire ? Il se détourna de lui, mais Salama l’interrogea de nouveau. Le Messager d’Allah dit alors : « Ecoutez et obéissez, car ils répondront de leurs péchés et vous des vôtres. » [16]

 

‘Umar ibn el Khattâb a dit : « S’il est injuste envers toi, patiente ; et s’il te prive patiente également. » [17]

 

Ibn Taymiyya a dit : « La patience face aux gouverneurs injustes est un fondement parmi les fondements d’ahl sunna wal djamâ’a. » [18]

 

L’interdiction de s’écarter de l’obéissance des gouverneurs :

Ibn ‘Umar rapporte que le Messager d’Allah a dit : « Celui qui rompt son acte d’allégeance rencontrera Allah, le jour de la Résurrection, sans avoir une excuse, et celui qui meurt sans avoir prêté acte d’allégeance, meurt comme au temps de la Djâhiliyyah. » [19]

 

L’interdiction de se révolter contre les gouverneurs :

‘Ubâda ibn Sâmit a dit : « Nous avons fait allégeance au Messager d’Allah pour écouter et obéir, dans l’aisance comme dans la gêne, qu’il s’agisse d’un acte contraignant ou facile, y compris en sacrifiant notre propre intérêt. En outre, nous avons fait allégeance pour ne pas nous soulever contre ceux qui exercent le commandement sauf si nous voyons de leur part une mécréance manifeste à propos de laquelle nous tenons un argument d’Allah ; dire la vérité où que nous soyons, sans craindre les reproches des censeurs. »

 

L’imam Ahmed ibn Hambal (m.241) a dit que fait partie de la sunna : « L’écoute et l’obéissance envers les dirigeants ainsi que le commandeur des croyants, qu’il soit bon ou pervers. (…) Celui qui se révolte contre le guide des musulmans alors que les gens l’ont accepté et reconnu comme calife, de quelque manière que ce soit, par consentement ou par force, aura certainement fait scission avec les musulmans et aura été à l’encontre de ce qui est rapporté du Messager d’Allah. S’il meurt dans cet état, il connaîtra une mort païenne (el Djâhiliyyah). En outre, personne ne peut combattre le gouverneur ni se révolter contre lui. Celui qui fait cela est un innovateur qui ne suit ni la sunna, ni le droit chemin. » [20]

 

L’imam Hassan ibn ‘Ali el Barbahâry (m.329) a dit : « Sache que l’injustice du gouverneur ne dispense d’aucune des obligations qu’Allah a imposées par l’intermédiaire de Son Prophète. Son injustice se retourne contre lui-même. Ton engagement et ta bonté envers lui sont complets. » [21]

 

L’imam ibn Batta (m.387) a mentionné que fait partie de la sunna le fait de ne pas se révolter par les armes contre les dirigeants, même s’ils commettent des injustices.

 

Abû Mansûr Ma’mar ibn Ahmed el Asbahâny a dit : « Il fait partie de la sunna de se soumettre aux dirigeants et gouverneurs, en ne se révoltant pas contre eux par les armes, même s’ils commettent de l’oppression. Les musulmans doivent écouter et obéir même s’il s’agit d’un esclave abyssin mutilé. » [22]

 

L’imam Abû ‘Uthmân Ismâ’îl ibn Muhammed es-Sâbûny (m.449) a dit : « Ils (les gens du hadîth) considèrent obligatoire le fait de combattre les mécréants à leurs côtés, même s’ils sont injustes et oppresseurs, d’invoquer le bien et la réussite en leur faveur, et qu’ils répandent la justice parmi les musulmans. En revanche, ils désapprouvent la révolte armée contre eux, même si ces derniers passent de la justice à l’oppression, au contraire, ils incitent à combattre le groupe rebelle jusqu’à ce qu’ils acceptent à nouveau d’obéir au gouverneur. » [23]

 

L’imam Abû Dja’far Tahâwy a dit : « Nous condamnons tout soulèvement contre nos dirigeants et ceux qui sont à notre tête, fussent-ils oppresseurs. Nous ne faisons pas d’invocations contre eux et ne leur désobéissons pas. Pour nous, leur obéir découle de l’obéissance d’Allah tant qu’il n’ordonne pas de péché. Enfin, nous implorons pour eux le pardon et le salut. » [24]

 

Invocations en faveur des gouverneurs fait parti de la voie des salafs :

El Fudayl ibn ‘Iyâd a dit : « Si j’avais une invocation exaucée, je ne l’accorderais qu’à un dirigeant (imam), car s’il est bon, le pays et les habitants seront en sécurité. » [25]

 

L’imam el Barbahâry a dit : « Si tu vois qu’un homme invoque contre le gouverneur, sache qu’il agit avec passion. En revanche, si tu vois qu’il invoque pour lui la bonne condition, sache que c’est un partisan de la sunna, si Allah le veut. » [26]

 

L’imam Tahâwy a dit : « Enfin, nous implorons pour eux le pardon et le salut. » [27]

 

Les méfaits de se révolter contre les gouverneurs :

Hambal ibn Ishâq ibn Hambal raconte : « Lorsque el Wâthiq proclama cette opinion, frappa et emprisonna à cause de celle-ci, un groupe de Bagdad vint trouver Abû ‘Abdillah. Il y avait parmi eux Bakr ibn ‘Abdillah, Ibrâhîm ibn ‘Ali el Matbakhy, Fadl ibn ‘Âsim et d’autres. Ils demandèrent à le voir et entrèrent chez lui après que j’eusse demandé la permission. Ils dirent alors : « Ô Abû ‘Abdillah ! L’affaire s’est répandue et s’est accentuée. Cet homme fait telle et telle chose, et a proclamé ce qu’il a proclamé. Nous le craignons en outre pour plus que cela.

Ils lui rapportèrent qu’ibn Abi Du’âd avait décidé d’ordonner aux enseignants d’apprendre que le Coran est ainsi et ainsi.

Il leur demanda : « Que voulez vous ? »

_ Nous sommes venus te consulter dans ce que nous convoitons.

_ Et que convoitez vous donc ?

_ Nous n’acceptons plus son autorité ni sa souveraineté.

Abû ’Abdillah débattit avec eux un certain temps puis leur dit, alors que j’étais présent : « Voyez vous si cette affaire ne dure pas, ne va-t-il pas en résulter quelque chose de répréhensible à cause de vous ? Désavouer cela de vos cœurs, mais ne rejetez pas l’obédience. Ne divisez pas les musulmans et ne faites pas couler votre sang ni celui des musulmans. Réfléchissez aux conséquences de vos actes et ne vous empressez pas. Patientez plutôt jusqu'à ce que vienne un gouverneur bon et disparaisse l’oppresseur. »

Leur discussion fut plus longue mais je ne pus hélas tout retenir. Abû ‘Abdillah argumenta ainsi, jusqu'à ce que certains d’entre eux dirent : « Nous avons fait peur à nos enfants .Si cette croyance se propage, ils ne connaîtront rien d’autre et le véritable islam s’effacera et disparaîtra. »

Abû ’Abdillah leur répondit : « Que non ! Allah fera triompher Sa religion et cette affaire a un Seigneur qui la secourra. L’islam est du reste puissant et invincible. »

Ils sortirent donc de chez Abû ’Abdillah, sans qu’il ne donne son accord à quoi que ce soit de ce qu’ils projetaient. Il affirma juste l’interdiction de se révolter et l’obligation d’écouter et d’obéir, jusqu'à ce qu’Allah délivre la communauté. Mais ils n’acceptèrent pas cela de sa part. A leur sortie, l’un d’entre eux me dit : « Viens avec moi chez untel (Ils citèrent son nom) pour lui rendre visite au sujet d’une affaire ».

Je mentionnai cela alors à mon père qui me dit : « N’y vas pas et trouve un prétexte, car je crains qu’ils t’impliquent avec eux, et le nom d’Abû ’Abdillah sera ainsi mentionné. »

Je m’excusai donc auprès d’eux et ne les accompagnai pas. Après leur départ, je rentrai moi ainsi que mon père chez Abû ’Abdillah. Il dit à mon père :

« O Abû Yûsuf ! Je crois que ces gens ont le cœur noyé dans leurs opinions. Nous demandons à Allah qu’Il nous accorde la paix. Nous n’avons rien à voir avec ce mal et je veux que personne ne fasse cela. »

J’interrogeai Abû ’Abdillah : « Est-ce une bonne façon d’agir d’après toi ? »

Il répondit : « Non, cela contredit les textes traditionnels qui nous ordonnent la patience. »

Puis il continua : « Le Prophète a dit : « S’il te frappe, patiente, s’il te prive, patiente, et s’il te confie ton affaire, patiente. » ‘Abd Allah Ibn Mas’ûd rapporta la même chose, et Abû ‘Abdillah cita d’autres paroles que je ne retins pas. » [28]

 

Ibn Taymiyya a dit : « Ce qui est connu dans la voie des gens de la sunna est qu’ils n’autorisent pas la révolte et le combat contre les dirigeants, même s’ils commettent des injustices, comme le montrent les ahâdîth authentiques répandus du Prophète. Car le désordre qui découle du combat et du trouble est plus grave que celui qui provient de l’injustice du gouverneur qui n’entraîne ni tuerie ni trouble. Ainsi il convient de repousser le plus grand des deux torts en faisant le moins grave des deux. D’ailleurs, on ne connaît pratiquement aucun groupe qui se soit rebellé contre une autorité sans que les conséquences de sa révolte soient plus graves que le désordre qu’elle a fait disparaître. » [29]

 

Se révolter ou appeler à la révolte contre les gouverneurs est la voie des khawâridj :

Sheykh Sâlih el Fawzân, membre du comité permanent pour la recherche scientifique et l’iftâ d’Arabie Saoudite, a été questionné de la façon suivante :

 

Q : Quelle doit être notre position face à ceux qui, de nos jours, rendent mécréants les gouverneurs musulmans ? Font-ils partie des khawâridj ?

 

R : « Ceux qui rendent mécréants tous les gouverneursmusulmans sont pires que les khawâridj, car ils ne font aucune exception, ils ont jugé tous les gouverneurs de mécréants, cette voie est encore plus grave que celle qu’ont empruntée les khawâridj. » [30]

 

Le jugement des manifestations (les salafis de l’est) :

 

Fatwa de l’éminent savant ‘Abd Al-‘Aziz Ibn Baz [31]

 

« Le bon comportement est parmi les meilleurs moyens pour que la vérité soit acceptée et le mauvais comportement est parmi les voies les plus dramatiques qui conduisent au refus de la vérité, au désordre, à l’injustice, à l’inimitié et aux bagarres. De même, ce que font certaines personnes comme manifestations qui amènent un grand mal pour la da’wa. Les marches dans les rues et les slogans ne sont pas une voie pour réformer la situation et la da’wa. La voie authentique passe par les visites (aux responsables), les correspondances écrites, et ceci de la meilleure manière. Il faut conseiller le président, l’émir, le chef de la tribu de cette manière, sans brutalité ni manifestation. Le prophète est resté 13 ans à la Mecque, et il n’a pas fait de manifestation, ni de marche et n’a pas menacé les gens de piller leurs biens ou de les tuer. Et il n’y a aucun doute que ceci est la cause d’un grand mal pour la prêche et les prêcheurs, et empêche la da’wa de se propager, ce qui conduit les présidents et les leaders à empêcher et interdire (ces manifestations) par tous les moyens. Et ceux qui manifestent veulent le bien, mais cela conduit au contraire. Le fait que le prêcheur emprunte la voie des prophètes et de ceux qui les ont suivis, même si cela prend du temps est meilleur qu’un acte qui nuit et gêne la da’wa et peut même la détruire. Et il n’y a de force et de puissance qu’en Allah. »

 

 

Fatwa du grand savant Ahmad An-Najmi

 

Dans ses observations sur le groupe des frères musulmans, remarques n°23 : l’organisation de marches et de manifestations, alors que l’islam ne reconnaît pas ces choses et ne l’admet pas. Au contraire c’est quelque chose d’inventé, qui nous vient des mécréants. Faut-il qu’à chaque fois que les mécréants font une chose nous les suivions en cela ?

 

L’islam ne sera pas secouru par les marches et les manifestations, mais par le jihad bâti sur une croyance authentique, et sur la voie tracée par Muhammad ibn ‘Abdillah. Certes les messagers et ceux qui les ont suivis ont été éprouvés de plusieurs façons, et on ne leur a ordonné que la patience. Regardez Mussa qui dit aux fils d’Israël, alors que Pharaon tue les nouveaux-nés garçons et épargne les filles, : « Mussa dit à son peuple : cherchez secours auprès d’Allah et patientez. La terre appartient à Allah, Il la fera hériter à qui Il veut parmi Ses serviteurs, et la bonne fin appartient aux pieux. » [32] Et regardez le messager d’Allah, qui dit à certains compagnons venus se plaindre du mal que leur font les polythéistes : « Parmi ceux qui sont venus avant vous, on faisait venir un homme, on plaçait une scie au milieu de sa tête jusqu’à la couper en deux, et cela ne le faisait pas renier sa religion. Certes, Allah complètera cette religion jusqu’à ce qu’un homme puisse voyager de San’a à Hadramaout (deux endroits éloignés au Yémen) en ne craignant qu’Allah et le loup pour son troupeau, mais vous vous hâtez. » Et il n’a pas ordonné à ses compagnons de faire des manifestations ou des assassinats. [33]

 

Conseiller les gouverneurs :Le Prophète a dit : « Que celui qui souhaite conseiller quelqu’un ayant un certain pouvoir ne le fasse pas en public, mais qu’il le prenne par la main et s’isole avec lui ; s’il accepte tant mieux, et s’il refuse il aura accompli son devoir. » [34]

 

 

Les gouverneurs ne sont que les reflets du peuple :

Sheykh el ‘Utheymîn a dit [35] : « On rapporte qu’un homme parmi les khawarijs est venu voir ‘Ali et lui a dit : « ô ‘Ali, comment se fait-il qu’avec toi, les gens font ceci et cela (comme péchés) alors qu’ils ne le faisaient pas avec Abu Bakr et ‘Umar ?

Il lui dit : car les gens à l’époque d’Abu Bakr et de ‘Umar étaient comme moi, et les gens à mon époque sont comme toi ». Et cela est vrai, on rapporte que ‘Abdullah ibn Marwan entendit des gens parler sur lui et sa façon de gouverner. Il rassembla alors les gens les plus honorables et les nobles du royaume et leur dit : « Vous voulez que je sois comme Abu bakr et ‘Umar, alors soyez, vous, comme les gens à l’époque d’Abu Bakr et ‘Umar afin que nous soyons comme Abu Bakr et ‘Umar ». Si tu regardes les gens gouvernés par ces dirigeants (injustes) tu verras chez eux un mal que seul Allah connaît. Au point que certaines personnes dignes de confiance sont revenues dernièrement de certains pays arabes et ont dit : « par Allah ! J’étais l’an dernier à Londres et je n’ai pas vu les femmes autant se dévoiler (montrer leur corps, tabarruj) que dans tel pays qui est dit un pays islamique ». Qui est plus en droit de la pudeur et du voile, nous ou les chrétiens ? Nous sommes plus en droit qu’eux de cela, et malgré tout, ce sont nos pays. Si les gens sont ainsi, comment ne seraient-ils pas dominés par ces gouverneurs (injustes). Nous demandons à Allah qu’Il rectifie les gouverneurs et les gouvernés, et qu’Il nous préserve du mal des épreuves.

 

L’imam ibn Abi el ‘Izz el Hanafy a dit : « Allah nous a mis ces gouverneurs qu’à cause de nos mauvais actes, et nous n’avons que ce que nous méritons, nous devons donc faire beaucoup d’efforts dans la demande de pardon, le repentir ainsi que dans l’amélioration de nos œuvres. » [36]

 

Allah a dit : « Et ainsi accordons-Nous à certains injustes l’autorité sur d’autres (injustes) à cause de ce qu’ils ont acquis. » [37]

 

Allah a dit : « Tout malheur qui vous atteint est dû à ce que vos mains ont acquis. » [38]

 

__________________

 

 

1 Sharh ryâd sâlihîn, 3/655 (résumé de ses propos)

2 Les femmes, v.59

3 Djâmi’ el bayân, 4/150

4 El Hudja fî bayân el mahadja, 1/466

5 Authentique : el Bukhâry (7137), Muslim (1935), el irwâ (2/160)

6 Authentique : el Bukhâry (7144), Muslim (1839)

7 Authentique : el Bukhâry (7142), el irwâ (2455)

8 Authentique : el Bukhâry (7145), Muslim (1840)

9 Authentique : el Hâkim (5528), Ahmed (5/66), el Baghawy dans sharh sunna (2455) selon Nawâs et autres, sahîha (179), el miskha (3696)

10 Authentique : el Bukhâry (7056), Muslim (1809)

11 Sharh ryâd sâlihîn (2/422)

12 La chose suivante a été prise d'Ash-Sharqul-Awsat (No 5289), comme est trouvée dans Muraji'at Fiqhil-Waqi'is-Siyaasi wal-Fikri de docteur ' Abdullah ar-Rifa'i. (traduit par les salafis de l’est)

13 Al-Hisbah fil-Islam (p. 124)

14 Authentique : Muslim (1836)

15 Authentique : Muslim (), Abou Dawoud ()

16 Authentique : Muslim (1846)

17 Authentique : Shari’a (70)

18 El madjmu’ (28/179)

19 Authentique : Muslim (1851)

20 Usûl sunna de l’imam Ahmed

21 Sharh sunna

22 L’obéissance à Allah, au Messager et aux dirigeants (traduction française, ed. el hadîth, p.18)

23 ‘Aqidatu-salaf ashâbi-l-hadîth, p.294

24 ‘El ‘Aqîda tahâwiyya

25 Sharh sunna de l’imam el Barbahâry

26 Sharh Sunna

27 El ‘Aqîda tahâwiyya

28 El Khallâl dans sunna (90)

29 Minhâdj sunna (3/391)

30 el idjâbatul muhimma, q.4

31 Source : Majala al-buhuth al-islamya n°38

32 El a’raf, v.128

33 Al-Mawrid Al-‘Adhab Az-Zulal, p .228

34 Authentique : ibn Abi ‘Âsim (1096)

35 Source : Liqa’at al-bab al-maftuh 2/282-283

36 Sharh el ‘aqîda tahâwiyya (2/177)

37 Les bestiaux, v.129

38 La concertation, v.30

« Ainsi la tentative de révolte contre le dirigeant est la cause de grande corruption et de mal, sauf si les musulmans voient d'eux une preuve claire dont ils ont une preuve d'Allah, alors il n'y a aucun problème s'ils se révoltent contre ce dirigeant pour le renverser, s'ils ont le pouvoir (capacité) de faire ainsi. Et s’ils n'ont pas le pouvoir de faire ainsi, alors ils ne doivent pas se révolter, ou leur révolte sera la cause d’un mal plus grand. Donc ils ne doivent pas révolter par égard pour la sécurité des gens communs.

Et le principe de Shari'a sur lequel il y a ijma' (le consensus) est : qu'il n’est pas permis d'enlever un mal avec ce qui est un mal plus grand. [6] Plutôt il est obligatoire de prévenir le mal en l'enlevant. Quant à la prévention du mal avec un mal plus grand, alors il n'est pas permis selon le consensus des musulmans. Ainsi, si ce groupe qui veut renverser le dirigeant qui a commis une incrédulité claire, a le pouvoir de le renverser et de le remplacer par un gouverneur juste, sans provoquer ce qui est un mal plus grand, la corruption sur les musulmans et un mal plus grand que ce dirigeant, alors il n'y a aucun problème. Et si cette révolte provoque une corruption plus grande, la trahison de la confiance, l'oppression des gens, l'assassinat de ceux qui ne le méritent pas et de grands maux autres que cela, alors ce n'est pas permis. »

« La première est la science, il faut obligatoirement avoir la science, la suspicion à elle seule ne suffit pas et ne permet pas de se révolter contre eux. La deuxième condition est que le péché atteint le degré de la mécréance, et pas celui de la perversité. Quel que soit le degré de perversité qu’aient atteint les gouverneurs, il ne nous est pas permis de se révolter contre eux, même s’ils boivent de l’alcool, pratiquent la fornication, et oppressent les gens, se révolter contre eux n’est pas permis,sauf si nous voyons en eux une mécréance évidente.

La troisième condition est que la mécréance doit être évidente, c’est-à-dire claire, apparente. Ce qui prête à interprétation ne permet pas la révolte contre les gouverneurs. Supposons que nous considérons leur acte comme de la mécréance alors qu’il se peut que ce ne soit pas le cas, ceci ne nous permet pas de nous révolter contre eux.

 

 

 

 

 

 

 

Le cheikh Hafidh ibn Ahmad Hakami a confirmé cette règle dans son livre "A'lam assounnah al-manchoura" page 173 dans la réponse à la question 161 en disant : "La mécréance est de deux sortes : une grande mécréance qui fait sortir totalement de la Foi, c'est la mécréance du coeur qui annule la parole du cœur et l'action du cœur ou l'un des deux. Et une petite mécréance qui annule la plénitude de la Foi et non son existence. C'est la mécréance par l'acte qui n'annule ni la parole du cœur, ni l'action du cœur et qui ne l'implique pas nécessairement" (fin de citation)

 

Ibn ‘Abbass et l’ensemble des savants ont appliqué cette règle dans la parole d’Allah ta’ala : «Et ceux qui juge par autre chose que ce qu’Allah a révélé, ceux-là sont les Mécréants

»

 

Ibn ‘Abbass a dit : « Celui qui renie ce qu’Allah a révélé a mécru, mais celui qui l’accepte sans juger avec, celui là est un égaré, un Fâciq »

 

Rapporté par Tabari dans son exégèse d'après Al-Mouthna ibn Ibrahim d'après 3abdoullah ibn Salah d'après Mou'awiya ibn Salah d'après Ali ibn Abi Talha d'après ibn 'Abbas

.

 

Cette chaîne est bonne (Hassan), les gens qui la composent sont de confiance. Il y a des paroles sur  Mou'awiya ibn Salah et sur  Ali ibn Abi Talha qui ne font pas descendre leur Hadiths en dessous du niveau "Bon" (Hassan).

 

Quant à la coupure apparente entre Ali ibn Abi Talha et ibn 'Abbass, le Hafidh ibn Hajar a dit dans "Tahdhib attahdhib" (7/339) : "<span>Ali ibn Abi Talha</span> [...] il n'a pas entendu directement de ibn 'Abbass, entre les deux il y a Moujahid

"

 

Et il dit également dans "Al-3ijâb fi bayan al-Asbâb" (1/207) : "Ali est véridique, il n'a pas rencontré Ibn 'Abbass, mais il a seulement rapporté de la part de ses compagnons de confiance. C’est pour cela que Al-Boukharie, ibn Abi Hatim et d'autre ce sont appuyé sur cette chaîne"

 

(Voir le livre de cheikh Salim Al-Hilâli « Qourrat oul-3ouyoun »)

 

La parole de Ibn ‘Abbass et de ses compagnons montre que cet acte – juger par autre chose que les lois d’Allah – n’est pas semblable au fait de se prosterner devant une idole ou d’insulter le Messager sallallahou ‘alayhi wa sallam. Cet acte n’implique pas nécessairement la mécréance dans le cœur, parce que « il se peut qu'il soit amené à commettre cet acte par peur des représailles d'autres personnes, qui seraient plus puissantes que lui, s'il ne l'appliquait pas. Auquel cas il serait, vis à vis d'eux, un enjôleur. Dans ce cas nous disons <span>qu'il est semblable aux autres enjôleurs dans les autres actes de désobéissance</span>. » (Citation d’une parole de cheikh Al-Outheimin)

 

L’explication de Ibn ‘Abbass du verset sachant qu’aucun compagnon ne l’a contredit est sans aucun doute le chemin des croyants qu’Allah nous a ordonné de suivre. Le silence des compagnons est une approbation de leur part. c’est pour cela que Ibn Al-Qaym a dit : « ceci est l’explication de Ibn ‘Abbass et de <span>la totalité des compagnons </span>dans la parole d’Allah : «Et ceux qui juge par autre chose que ce qu’Allah a révélé, ceux-là sont les Mécréants» » (Madârij assalikin tome 1 page 336)

 

Cette explication de Ibn ‘Abbass se dresse tel une montagne devant les nouveaux Khawârijs. Ils veulent la contourner de la manière suivante :

 

Ils ont dit : Ibn ‘Abbass vise les Khawârijs de l’époques. Ses paroles s’appliques aux gouverneurs de bani oumaya et de bani Al’Abbass et non pas aux gouverneurs de notre époque. En effet, les khawârijs rendaient mécréant ceux qui commettaient les grand péchés alors que les gouverneurs de bani oumayya et de bani Al-Abbass jugeaient avec les lois d’Allah. Simplement, ils commettaient quelques fois des péchés, ils contredisaient la loi d’Allah sur certaines affaires par passion. Légiférer des lois générales n’était pas un acte existant à l’époque de Ibn ‘Abbass. Cela est venu à l’époque des tatars. Donc, ibn ‘Abbass ne visait pas ce type d’acte dans son explication.

 

Réponse : La parole de Ibn ‘Abbass est générale dans son explication du verset. Sachant en plus qu’il connaissait la cause de sa révélation : Le fait que les juifs on légiféré une loi générale qui contredit la loi d’Allah. Il n’est donc pas permit de restreindre les paroles de ibn ‘Abbass aux gouverneurs de bani Oumayya et de ban Al-‘Abbass sans preuve probante.

 

L’imâm Tabari (décédé en 310H) a dit au sujet de la parole d’Allah : « <et ceux qui ne jugent pas selon ce qu’Allah a révélé ceux là sont les Mécréants » :

 

« Pour moi, la parole la plus exacte est celle qui dit que ce verset vise les Mécréants parmi les gens du livre parce que les versets qui le précèdent et qui le suivent sont descendus à leur sujet. Tous ces versets (avant et après le verset en question) les visent en particulier, il est donc plus exact de dire que ce verset-ci les concerne également.

Si on nous rétorque : Allah ta’ala a généralisé le jugement à tous ceux qui ne juge pas selon les lois d’Allah, comment donc pouvez vous restreindre sa porté ?

Il lui sera répondu : Allah ta’ala a généralisé l’énoncé en parlant de gens qui ont renier le jugement d’Allah. Il a donc dit en parlant d’eux que leur délaissement du jugement d’Allah de la manière qu’ils l’ont délaissé  faisait d’eux des Mécréants. Est ceci vaut pour toute personne qui délaisse le jugement d’Allah par reniement. Il aura mécru en Allah, comme l’a dit Ibn ‘Abbass. Et ceci parce que son reniement du jugement d’Allah après avoir su qu’il l’a révélé dans son livre est semblable au reniement du statut de prophète après avoir su qu’il est un prophète. » (fin de citation : tome 6 page 257)

 

L’imâm tabari montre bien le porté général de la parole de Ibn ‘Abbass

 

De même ibn kathir n’a pas limité la porté des paroles de ibn ‘Abbass et de ses compagnons aux gouverneurs des bani Oumayya et des bani Al-‘Abbass :

 

Ibn Kathir a dit dans son Tafsir (2/62) : « c’est pour cela qu’il a dit «Et ceux qui juge par autre chose que ce qu’Allah a révélé, ceux-là sont les Mécréants». Car ils – les juifs - ont sciemment renié le jugement d’ALLAH , par rébellion et intentionnellement. » (fin de citation)

 

Puis il a dit à la page 65 de manière générale au sujet du musulman : « Quant à Sa parole « et ceux qui jugent par autre chose que ce qu’Allah à révélé, ceux là sont les injustes » , nous avons vu précédemment que Tâouss et 3aTâ ont dit que c’est une mécréance en dessous de la mécréance, une injustice en dessous de l’injustice, et une perversité en dessous de la perversité ». (fin de citation)

 

Ibn Kathir a justifié la mécréance des juifs par leur reniement et non pas simplement par le fait qu’ils ont légiféré une loi générale. Quant au musulman qui commet cet acte, il a choisit la parole de Ibn ‘Abbass et de ses compagnons « une mécréance moindre » : c'est-à-dire qu’à la base cet acte ne fait pas sortir de l’Islam au même titre que le reste des grand péché.

Les tatars ne sont pas venus avec du nouveau que ibn ‘Abbass ne connaissait pas. Ils ont rendu licite le fait de juger avec le yâssiq, et il ont même rendu cela préférable au fait de juger avec les lois d’Allah parce qu’ils « le considéraient (Gengis Kan) comme le plus grand messager auprès d’ALLAH, dans ce qu’il leur a apporté de sunna et de législation issues de sa tête et de ses passions. » (Madjmou3 fatâwa 28/521-522).

 

Donc du coup, la parole de Ibn kathir dans son livre « Al-Bidâya wa nihâya » (1/119): « Et celui qui délaisse la législation claire révélé sur Mohammad bnou Abdillah, le sceau des prophètes et recourt pour juger à une législation parmi les législations abolies a mécru. Alors que dire de ceux qui juge avec le Yâsiq et lui donne la prééminence sur la législation d’Allah. Celui qui fait cela à certes mécru de par le consensus des musulmans »(fin de citation).

 

Cette parole signifie que celui qui délaisse le jugement en rendant cela licite est un mécréant, et encore plus s’il ne se contente pas de le rendre licite mais donne en plus la prédominance au Yasiq plutôt qu’à la loi d’Allah.

 

Délaisser le jugement peut être accompagné d’une mécréance dans le cœur ou pas. Le jugement de la personne dépend de ça. C’est pour cela que l’Imâm Tabari a dit : « Allah ta’ala a généralisé l’énoncé en parlant de gens qui ont renier le jugement d’Allah. Il a donc dit en parlant d’eux que leur délaissement du jugement d’Allah de la manière qu’ils l’ont délaissé faisait d’eux des Mécréants » .

 

En faisant cette précision « de la manière qu’ils l’ont délaissé » l’Imâm Tabari montre que le simple délaissement ne rend pas mécréant. Mais c'est plutôt le délaissement par reniement qui est visé.

 

Ils ont également dit : Légiférer est un droit exclusif d’Allah, donc celui qui légifère une loi générale contredisant la loi d’Allah c’est érigé en égale à Allah et l’a concurrencé dans ce droit. Il est donc mécréant.

 

Réponse : l’imâm châtibi dans son livre « Al-I3tisam » (1/51) a dit :

 

« L'innovateur s'est mis au niveau de celui qui imite le législateur, car le législateur a mis en place des législations et a imposé aux créatures de suivre leurs voies. Il est le seul à faire cela, parce qu'il a jugé entre les créatures dans ce sur quoi ils divergeaient. Si Les créatures avaient été capable de légiféré, les législations n'auraient pas été révélées, il ne serait restée aucune divergence entre les créatures, et on aurait pas eu besoin de l'envoi des messagers -prière et salut d'Allah sur eux-.Celui qui innove dans la religion d'Allah, s'est rendu semblable et égale à Allah car il a légifère avec le législateur, il a ouvert une porte à la divergence, et a rejeté la volonté du législateur à être seul à légiféré

»

 

Tout innovateur est un législateur. Donc si tout législateur était un mécréant, alors tout innovateur serait également un mécréant. Or personne ne dit que tout innovateur est un mécréant.

 

Par conséquent il faut forcément faire un distinguo comme l’a fait l’imâm châtibi lorsqu’il a dit au sujet de l’innovateur : « On pourrait comprendre de sa volonté de compléter les troues laissé par le législateur qu’il sait ce que le législateur ne sait pas. Si c’est ce qui est visé par l’innovateur alors c’est de la mécréance envers la législation et le législateur, mais si ce n’est pas cela qui est visé alors c’est un égarement claire »

 

S’il croit vraiment être un égale d’Allah ou supérieur, il est évident que c’est un mécréant. Et ceci est une mécréance du cœur.

Ibn Al-Qaym a dit dans son livre « Al-Jawâb Al-Kâfî » tome 1 page 94 :

 

« La réalité du chirk c'est d'imiter le créateur et de faire ressembler la créature au créateur […] En sachant cela alors parmi les trait propre à la divinité il y a la prosternation : celui qui se prosterne pour un autre que lui, il a fait ressembler la créature au créateur.

il y a également le tawakkul : celui qui pratique le tawakkul sur un autre que lui, il l'a fait ressemblé à lui. il y a également la repentance (tawba) : celui qui fait tawba à un autre que lui, il l'a fait ressemblé à lui. il y a également le fait de jurer par son nom par éloge et considération pour lui : celui qui jure par autre que lui, il l'a fait ressembler à lui.

Tout ceci concerne le fait de faire ressembler la créature au créateur.

Quant au fait d'imiter Allah : [...] et si le Mousawwir qui fabrique des images de sa main sera parmi ceux qui auront le plus douloureux châtiment le jour du jugement simplement parce qu'il aura imiter Allah dans la fabrication, que dire alors de celui qui imite Allah dans la seigneurie et dans le fait d'être adoré ? ».

 

Tu voit que le dessinateur a imité Allah dans la fabrication et n’est pourtant pas mécréant pour autant.

 

Quant aux savants qui ont distingué le fait de légiféré des lois générales et juger par autre chose que les lois d'Allah dans une affaire, ils n'ont fait cette distinction qu'en se basant sur une opinion. Ils disent que légiférer une loi générale ne peut provenir que d'une personne qui a une mécréance dans le coeur. ils sont donc tous d'accord avec la règle évoqué depuis le début.

 

Mouhammad ibn ibrahim a dit dans ses fatwa (1/80) :

 

« Celui qui juge avec – c'est-à-dire les lois forgés – ou appelle à juger avec en croyant que cela est autorisé, il est alors mécréant d’une mécréance qui le fait sortir de la religion. Mais s’il le fait sans croire que cela est permis. Il est alors mécréant d’une mécréance par les actes (koufr ‘amalî) qui ne fait pas sortir de la religion. » (fin de citation)

 

Cette hypothèse – qu’il puisse le faire sans mécréance dans le cœur – empêche de le rendre mécréant de manière absolu. La divergence des savants sur le fait que forger des lois générales implique une mécréance dans le cœur ne permet pas de considérer cet acte comme une mécréance majeure au même titre que se prosterner devant une idole ou insulter le messager.

 

Le cheikh de l’Islam a dit : « Le Takfir n’est pas une histoire de probabilité » (assarim al masloul 3/963)

 

Et il a dit :

 

Il est établie dans le recueil de Sahih d'aprés Thâbit ibn Dhahâk d'aprés le prophète sallallahou 'alayhi wa sallam : "Celui qui maudit un croyant, c'est comme s'il le tuai, et celui qui rend mécréant un croyant c'est comme s'il le tuai"

Et il est établie dans le Sahih que celui qui dit a son frère "Ô mécréant" alors l'un des deux le mérite

Si Faire le Takfir d'un individu pour l'insulter équivaux à un meurtre, alors que dire du Takfir en croyant réellement qu'il est mécréant ? Ceci est pire que le meurtre !

 

 

La distinction que font certains contemporains entre le jugement générale et le jugement particulier est d'une telle importance que si elle avait été adopté par ibn kathir, ibn taymiya et ibn Al qaym alors ils n'auraient pas manqué de l'évoquer clairement et longuement. Mais ont s'aperçoit qu'il n'en est rien, et ceux qui veulent leur faire prononcer cette distinction s'appuient sur des paroles ambigues qu'ils interprêtent.

 

1) Ibn Kathir

 

Ibn Kathir c'est contenté de dire : « Quant à Sa parole « et ceux qui jugent par autre chose que ce qu’Allah à révélé, ceux là sont les injustes » , nous avons vu précédemment que Tâouss et 3aTâ ont dit que c’est une mécréance en dessous de la mécréance, une injustice en dessous de l’injustice, et une perversité en dessous de la perversité ». (fin de citation)

 

A aucun moment il ne précise que cette parole ce limite aux affaires particulières jugé par un juge et que dans le cas des lois générales c'est la mécréance absolu. Cette distinction est trop importante pour qu'il n'y ai pas consacré un paragraphe !

 

De plus il ne se serait pas contenté de dire :

 

« c’est pour cela qu’il a dit «Et ceux qui juge par autre chose que ce qu’Allah a révélé, ceux-là sont les Mécréants». Car ils – les juifs - ont sciemment renié le jugement d’ALLAH , par rébellion et intentionnellement. » (fin de citation)

 

Il met en avant leur reniement du jugement d'Allah et pas le fait qu'ils ont légiféré un jugement générale qui contredit la loi d'Allah claire.

Pourquoi insiste il sur le reniement alors que d'aprés certains ibn kathir fait partie de ceux qui considèrent qu'il suffit de légiféré une loi générale pour être mécréant (avec ou sans reniement) ?

 

2) Ibn Al-Qaym

 

ibn al-Qayyim a dit dans « madâridj assalikîn » tome 1 page 274-275 (traduit en français par "le sentier des itinérants") :

 

Le Koufr se divise en deux : le grand Koufr et le petit Koufr.

Le grand Koufr, c'est ce qui implique la perpétuité en enfer.

Le petit Koufr : il implique l’execution de la sentence mais pas la perpétuité [dans le feu]. […] c'est l'explication de Ibn 'Abbass et de la totalité des compagnons au sujet de la parole d'Allah : « Et ceux qui ne jugent pas d'après ce qu'Allah a fait descendre, ceux là sont les Mécréants (Kâfiroun )» (fin de citation)

 

Il parle du Koufr en générale et donne l'exemple du verset sur lequel il nous explique que la totalité des compagnons l'a compris comme l'a compris ibn 'Abbass.

 

puis il nous donne l'explication du verset en l'appliquant sur l'exemple du juge qui juge une affaire particulière en disant :

 

Le plus exacte est : juger par autres chose que ce qu'Allah à révélé englobe les deux Koufr : le petit et le grand.

Et cela en fonction de l'état de celui qui juge.

S'il croit que dans cette affaire il est obligatoire de juger selon ce qu'Allah a révélé, mais ne le fait pas, en sachant pourtant qu'il mérite le châtiment, c'est alors un petit Koufr. Et s'il ne croit pas à l'obligation, ou bien croit qu'il peut choisir, tout en ayant la conviction que c'est la loi d'Allah, c'est alors un grand Koufr. Mais s'il l'ignorait et s'est trompé, il reçoit le jugement de ceux qui se sont trompé. (fin de citation)

 

Et bizarrement il n'évoque à aucun moment dans ce paragraphe entièrement dédié à ce sujet le cas de celui qui légifère une loi générale.

Vu l'importance de cette distinction - s'il l'avait réellement adopté - il n'aurait pas manqué de la mettre en exergue. Mais non, rien !

Pourquoi ?

Tout simplement parce qu'il ne fait pas cette distinction. Le seul critère qu'il prend en compte pour differencier le petit koufr du grand koufr au sujet de ce verset c'est la mécréance intèrieur. Peut importe que cela porte sur une affaire particulière ou dans un jugement générale !

 

Son évocation du juge qui juge une affaire constitue un exemple et non pas une restriction de son explication à ce seul cas de figure.

 

La seul fois où ibn Al-Qaym a fait une difference entre jugement générale et jugement particulier il s'est contenté de dire que le jugement générale était plus dansgereux pour celui qui l'émet que le jugement particulier parce qu'il concerne plus de musulman. il n'a pas parler de mécréance.

Voici ce qu'il dit dans son livre 'I3lâm al mouwaqi'în"

 

Citation:

 

 

 

إعلام الموقعين عن رب العالمين ، اسم المؤلف: أبو عبد الله شمس الدين محمد بن أبي بكر بن أيوب بن سعد الزرعي الدمشقي الوفاة: 751 هـ ، دار النشر : دار الجيل - بيروت - 1973 ، تحقيق : طه عبد الرؤوف سعد

فَكُلُّ خَطَرٍ على الْمُفْتِي فَهُوَ على الْقَاضِي وَعَلَيْهِ من زِيَادَةِ الْخَطَرِ ما يَخْتَصُّ بِهِ وَلَكِنْ خَطَرُ الْمُفْتِي أَعْظَمُ من جِهَةٍ أُخْرَى فإن فَتْوَاهُ شَرِيعَةٌ عَامَّةٌ تَتَعَلَّقُ بالمستفتى وَغَيْرِهِ

 

وَأَمَّا الْحَاكِمُ فَحُكْمُهُ جُزْئِيٌّ خَاصٌّ لَا يَتَعَدَّى إلَى غَيْرِ الْمَحْكُومِ عليه وَلَهُ فَالْمُفْتِي يُفْتِي حُكْمًا عَامًّا كُلِّيًّا أَنَّ من فَعَلَ كَذَا تَرَتَّبَ عليه كَذَا وَمَنْ قال كَذَا لَزِمَهُ كَذَا وَالْقَاضِي يَقْضِي قَضَاءً مُعَيَّنًا على شَخْصٍ مُعَيَّنٍ فَقَضَاؤُهُ خَاصٌّ مُلْزِمٌ وَفَتْوَى الْعَالِمِ عَامَّةٌ غَيْرُ مُلْزِمَةٍ فَكِلَاهُمَا أَجْرُهُ عَظِيمٌ وَخَطَرُهُ كَبِيرٌ

إعلام الموقعين ج 1 ص 38

 

 

 

 

Traduction

 

Citation:

 

 

Le danger auquel s'expose le moufti, le juge (Qâdhi) s'y expose également avec en plus les dangers qui sont propre à sa fonction. Mais d'un autre coté, le danger auquel s'expose le moufti est bien supérieur à celui du juge car ses fatwas représentent une législation générale qui concerne celui qui a demandé la fatwa, mais également d'autres personnes en dehors de lui.

Quant au juge, son jugement est restreint et n'a d'impacte que sur lui même et celui qu'il juge . Mais le moufti, lui, il émet des jugements généraux : "Celui qui fait tel chose méritera tel chose, et celui qui dit tel parole alors cela impliquera tel chose". Le juge, lui, juge dans une affaire particulière pour un individu particulier. Son jugement est contraignant.

Tandis que la Fatwa du Savant est générale et non contraignante.

Dans les deux cas la réconpense est énorme et le danger est grand.