Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

le groupe des mourjia

Publié le par عيس ا بو ا نس

Par Cheykh ‘Abdel ’Azîz bnou ‘Abdallah ar-Râjihi

 

Question :

Quels sont les différents types de Mourjia ? Avec l’évocation de leurs dires en ce qui concerne la foi ?

 

Réponse :

Les Mourjia se divisent en deux groupes :

Le premier groupe, les Mourjia pures et extrêmes, et ce sont les jahmites, leur chef fondateur étant Jahm bnou Safwân.

Jahm bnou Safwân s’est fait connaître pour quatre croyances hérétiques :

  • Sa croyance qui consiste en le reniement des attributs d’Allah, c’est ce que suivent les jahmites.
  • La croyance du Irjâ’, qu’ont suivi les Mourjia.
  • La croyance de la contrainte, c’est à dire que l’homme est contraint de ses actes (et qu’il n’a aucun choix), qu’ont suivit les jabarites.
  • La croyance que le Paradis et l’Enfer vont disparaître.

C’est pour ces quatre croyances immondes que Jahm s’est fait connaître.

Et la croyance des Mourjia pures au sujet de la foi, est que la foi n’est que le fait de connaître. C’est à dire que c’est le seul fait de connaître le Seigneur dans son cœur, quiconque connaît son Seigneur dans son cœur est alors croyant, et la mécréance n’arrive que par le fait d’ignorer son Seigneur dans son cœur. Et pour cette raison, les savants ont considérés que cette croyance implique que pour eux Iblîs est croyant, car il connaît son Seigneur, Allah a dit :
(Iblis dit  "Ô mon Seigneur, accorde-moi un délai jusqu’au jour où ils seront ressuscités." ) (Sourate 15 verset 36)

Et pharaon serait lui aussi un croyant, car il connaît son Seigneur dans son cœur, Allah ta‘âlâ a dit au sujet de son peuple :
(Ils les nièrent injustement et orgueilleusement, tandis qu'en eux-mêmes ils y croyaient avec certitude. Regarde donc ce qu'il est advenu des corrupteurs.) (sourate 27 verset 14)

L’imam Ibnou al Qayyim, qu’Allah lui fasse miséricorde, à cité un long chapitre qui explique la croyance des Mourjia pures dans son livre  Al Kâfya ach-châfiya , il dit :

"Il a caché cela pendant un temps, puis il a montré au grand jour que sa croyance est le seul fait de connaître son Seigneur dans son cœur, et que s’il fait les actes blasphématoires malgré cela, cela n’a aucun impacte sur sa foi, s’il insulte Allah, ou insulte le Messager, qu’Allah prie sur lui et le salue, ou insulte l’islam, ou tue les prophètes, et les bienfaiteurs, et détruit les mosquées, et qu’il fait toutes les mauvaises choses, et bien il ne devient pas mécréant aussi longtemps qu’il connaît son Seigneur dans son cœur, et ceci est la plus corrompue des paroles dans la définition de la foi ! Et c’est le dire de Abou al Houssayn As-Sâlihî, faisant parti de la secte des qadarites."

Les Karrâmites l’ont suivit dans la corruption, en disant que la foi est la prononciation de la langue uniquement : celui qui dit « lâ ilâha illa llah » de sa langue alors c’est un croyant, même si dans son cœur il dément ce qu’il dit, ils le nomment « croyant parfait » et s’il dément dans son cœur alors il est éternellement en enfer. Il découle donc de leur croyance qu’il y aura des croyants parfaits qui seront éternellement en enfer, et cela est parmi les pires corruptions dans la croyance, et c’est ce qui découle de la parole de Jahm.

Le deuxième groupe : les Mourjia dis« fouqahâ » (jurisprudentiels) qui sont les gens de la région de Koûfah, comme Abou Hanîfa qu’Allah lui fasse miséricorde, et ses compagnons, et le premier qui dit que les actes ne font pas partie de ce qu’on appel « la foi » est Hammâd bnou Abi Soulaymân, qui était le maître de Abou Hanîfah. Et il y a deux versions pour Abou Hanîfah au sujet de la foi :

Le premier : que la foi est la reconnaissance du cœur et la parole de la langue, et c’est la version que rapporte la majorité de ses compagnons.

La deuxième version : que la foi est uniquement la reconnaissance du cœur, et les paroles de la langue est un pilier ajouté qui ne fait pas partie de ce qu’on nomme « foi ».

Et selon cette version, il rejoint la parole des mâtourîdites, que la foi est la reconnaissance par le cœur uniquement.

Mais d’après eux, les actes sont obligatoires, comme la prière, la Zakât , le jeûne et le hajj, les obligations sont obligatoires et les interdictions sont interdites, et celui qui fait les obligations mérite la récompense et l’éloge, et celui qui fait les grands péchés mérite le châtiment et on lui applique la peine, mais ils ne l’appellent pas « foi », ils disent que l’homme à deux obligations : L’obligation d’avoir la foi, et l’obligation de pratiquer avec des actes, et l’un ne fait pas partie de l’autre.

Quant au groupe de Ahlou Sounnah, ils disent que les actes font partie de la foi, et que c’est une partie de la foi, les actes sont obligatoires et font partie de la foi, et les Mourjia fouqahâ disent : les actes sont obligatoire et ne font pas partie de la foi. Et c’est pour cela qu’il y en a qui ont dit que la divergence entre eux et le groupe de Ahl Sounnah est une divergence orale, c’est l’avis de l’imam Ibnou Abi al ‘izz, le commentateur de  At tahâwiya , et l’avis correct est que ce n’est pas une divergence orale.

Source : le site du cheykh ar Rajihi

 

 

 

 

publier par :aissa abou anas